Petite pensée du lundi #18 | La différence entre critique et dénigrement

Récemment, je suis tombée sur cette très jolie citation de Jean-Benjamin De Laborde (1734-1794) qui, je trouve, illustre parfaitement une véritable plaie aujourd’hui: la confusion entre critique et dénigrement.

Le flambeau de la critique s’allume plus souvent pour détruire que pour éclairer.

Or, comme le dit De Laborde, d’une manière très poétique, la critique peut être un flambeau, c’est-à-dire une lumière éclairante qui nous aide à progresser sur le chemin de la réflexion. Critiquer signifie avant tout mettre à jour les failles dans un raisonnement, un plan, une action, une démarche, etc., dans l’optique d’y trouver une solution. Cependant, s’il s’agit simplement de laisser entendre que la personne est incompétente, voire ignorante et stupide, alors, on tombe dans le dénigrement. Pire, ce dénigrement est souvent infondé et gratuit, c’est-à-dire, qu’il s’agit avant tout de chercher le moindre point négatif chez la personne visée ou dans son comportement, afin de la diminuer ou même de la paralyser. Dans ce cas, alors, le flambeau devient une arme de destruction.

De fait, il existe une séparation assez claire, même si elle est parfois fine, entre critique et dénigrement ou stigmatisation. Une critique négative, dure, voire virulente peut être perçue comme une tentative de destruction. De fait, tout dépend de l’intention de celui ou de celle qui critique. Mais, dans de nombreux cas, celle-ci est assez évidente. Si la critique est systématiquement négative, ne trouvant rien de bien dans ce qui est visé, alors, il y a de bonnes chances que l’intention soit de simplement détruire. Et c’est d’autant plus visible si une bonne partie des commentaires négatifs sont, en plus, infondés ou fondés sur des allégations fausses.

A l’université, on nous enjoint dès le début de nos études à faire preuve d’esprit critique. Comme je l’ai déjà dit ici, cela ne signifie donc pas de critiquer systématiquement et de façon destructrice toute idée qui vont à l’encontre de nos convictions. Ou alors, on risque de simplement fuir éperdument face à toute dissonance cognitive. Il s’agit avant tout d’apprendre à être vigilant vis-à-vis de ses propres préjugés et idées reçues, c’est-à-dire envers ses propres biais. La critique est donc vraiment un flambeau qui peut nous éclairer avant tout sur nous-mêmes et nos propres failles.

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