Au sommet de la confusion

Trucs & Astuces du vendredi #1: Au-delà de Google et Wikipédia

Si vous devez vous lancer dans une recherche pour un papier ou un travail de séminaire, il y a de bonnes chances pour que vous vous tourniez en premier lieu vers ces canaux:

  1. Les références littéraires fournies par vos professeurs et vos cours
  2. Google
  3. Wikipédia

Ce constat à la louche est en partie confirmé par une étude, réalisée il y a déjà plusieurs années, par une équipe américaine, auprès d’étudiants aux USA. Alors, bien sûr, il n’est pas forcément possible d’extrapoler les résultats de ce genre de recherche à tous les étudiants du monde, mais il semblerait que les observations faites par les enseignants sous nos lattitudes rejoignent en partie, au moins, ces conclusions. Cette étude qui porte sur l’usage de Wikipédia par les étudiants montre notamment que l’encyclopédie en ligne la plus connue sert  de rampe de lancement pour des devoirs de séminaire ou des travaux de mémoire. C’est avant tout un lieu où l’on vient trouver des définitions et des ressources bibliographiques de base, lorsque l’on ne sait pas trop par quel bout aborder un sujet.

Cependant, il existe aussi d’autres points d’accès à des trésors de ressources sur le Web. J’en ai sélectionné quelques-uns, sur la base du travail de recensement assez complet réalisé par d’autres bloggeurs (ici  et ici).  En effet, ces articles listent aussi les ressources pour les sciences naturelles, alors que ce blog se focalise un peu plus sur les sciences sociales et humaines.

Les plateformes généralistes

Après avoir consulté Wikipédia, les matériaux de cours et éventuellement les catalogues en ligne de la bibliothèque de votre université, GoogleScholar constitue presque un arrêt incontournable. Celui-ci référence pratiquement tout ce qui a été publié sur un sujet dans des revues spécialisées, qu’elles soient directement destinées au monde académique (et donc, normalement avec un comité de relecture) ou pas. Refseek est un autre passage difficilement évitable, puisque, comme son nom l’indique, il propose un accès ciblé aux références académiques sur le mot-clé indiqué. Dans une veine similaire, on a aussi Iseek.

Deux autres plateformes, particulièrement utiles, la Digital Library Of The Commons Repository et Base, recensent des dizaines de milliers d’articles publiés dans des revues académiques en accès libre. Cela signifie que vous pouvez les lire et les téléchargés sans bourse délier.

Enfin, The Virtual Library ou bibliothèque virtuelle propose un moteur de recherche basé sur celui de Google, mais recensant uniquement des ressources soigneusement choisies par des enseignants et des bibliothécaires aux USA. C’est évidemment plus limité, mais, par contre, un vrai tri a déjà été réalisé, ce qui peut aussi vous simplifier un peu la tâche.

Seul problème: ces sites recensent surtout les ressources en anglais.  Même quand les termes de la recherche sont en français, il a tendance à sortir des résultats anglophones. C’est l’un des principaux désavantages d’opérer dans une langue considérée comme « provinciale » (même si plus de 100 millions de personnes à travers le monde parlent le français).

Les plateformes plus spécialisées

Je dis plus spécialisées, car elles recensent les articles publiés dans des disciplines bien délimitées et déterminées, mais ces plateformes restent généralistes dans le sens où elles regroupent des centaines de milliers d’articles sur un très grand nombre de sujets. Je pense tout d’abord à arXiv.org, qui regroupent des articles en libre-accès dans le domaine des sciences dures (mathématiques et physiques, ainsi que l’informatique et les statistiques). En sciences sociales, votre principal point d’accès à un vaste univers de recherches est le Social Science Research Network. Malheureusement, là aussi, la plupart des ressources sont en anglais. Il va falloir vous y faire, le merveilleux monde en ligne est en grande partie dominé par les Anglo-Saxons.

Point d’accès à des données

Enfin, je vous propose de mettre dans votre collection de « signets » les deux plateformes qui suivent. D’une part, le CIA World Factbook est une excellente ressource de données en tous genres en géographie, démographie, politique, etc. Oui, c’est bien cela, la CIA, les services secrets américains tellement craints et décriés (souvent avec raison), qui partage avec le monde entier une grosse collection de données bien établies! C’est de nouveau en anglais, mais c’est une vraie mine d’or! GoogleCorrelate, lui, vous permet de calculer des corrélations entre variables sur la base de vastes banques de données auxquelles Google a accès. C’est donc un outil potentiellement utile, même s’il faut se souvenir que corrélation n’est pas causalité et que comme vous ne voyez pas comment ces calculs sont menés, il faut donc prendre certains résultats avec des pincettes et essayer de les vérifier. Mais, ça peut être une bonne base de départ.

En conculsion…

De manière générale, n’oubliez pas que rien ne pourra remplacer votre vigilance et votre esprit critique. Et comme je l’ai déjà dit, par esprit critique, je n’entends pas rejet de toute idée qui va à l’encontre de ce qu’on considère comme du bon sens, mais la capacité à remettre en cause ce que l’on considère comme allant justement de soi. C’est un piège auquel il faut être constamment attentif, car, comme l’a bien montré Gérald Bronner, dans son ouvrage, La démocratie des crédules, les moteurs de recherche, notamment Google, ont tendance à renforcer nos biais de confirmation en nous donnant exactement ce que nous cherchons, au point, parfois, de nous enfermer dans une véritable bulle informative. Alors, bon courage pour vos recherches!

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