Notes de lecture: de l’importance d’une méthode rigoureuse

livre_entassesCe billet constitue une suite de celui portant sur le plagiat involontaire, assez fréquent chez les étudiants, surtout ceux qui ne maîtrisent pas la langue dans laquelle ils étudient ou qui n’ont jamais été sensibilisés à cette problématique. Une mauvaise méthodologie de prise de notes de lecture constitue une des causes du plagiat involontaire.  En effet, si ce procédé est bâclé ou réalisé de manière un peu aléatoire, l’étudiant risque de se retrouver dans une situation où il ne sait plus à qui attribuer quelles idées.  Dans ce qui suit, je vous propose quelques grandes lignes pour concevoir votre propre approche de la lecture lors de la préparation d’un travail de recherche. Il est à noter que ces remarques sont valables pour n’importe quel type de recherche, qu’elle se déroule dans le cadre d’un programme universitaire ou pas.

Les graines du plagiat dans les lectures préliminaires

Comme l’indiquent assez bien les pages de recommandations des services bibliothécaires et des facultés, citer correctement ses sources peut s’avérer assez fastidieux  et nécessiter une certaine préparation. Même pour un court travail de quelques pages, il importe de s’assurer que l’on a correctement répertorié ses sources et les idées que l’on désire emprunter à d’autres auteurs.  La gestion de sa bibliographie commence dès les débuts d’une recherche, même pour un petit papier de séminaire.  Pour cela, il faut mettre en œuvre une stratégie de lecture et de prise de note qui s’insère harmonieusement dans le processus de recherche.

La première chose que fait un étudiant (ou un chercheur) est de consulter les catalogues électroniques de la bibliothèque de son université et le Web pour voir ce qu’il y a de disponible sur le sujet à traiter. Cette étape initiale constitue généralement une revue littéraire de base permettant de construire une problématique avant même de se lancer dans la recherche proprement dite. En anglais, on parlerait de background reading. Comme il ne s’agit que de se familiariser avec un domaine ou un ensemble de questions, il arrive souvent que l’on fasse des lectures flottantes, ne prenant notes que d’éléments éparses, qui ont attiré  l’attention sur le moment, mais dont on n’est pas sûr s’ils seront utiles pour la version finale du papier, et que l’on omette alors de consigner les références de ces extraits. C’est donc généralement à cette étape-là que commencent les problèmes.

Stick_It_to_MeEn effet, suivant le temps mis à mener la réflexion sur la problématique et sa confrontation avec un terrain, il est fort probable que les sources, si elles ne sont pas immédiatement répertoriées, soient purement oubliées. Les étudiants se retrouvent alors avec des bribes de textes et d’idées, très intéressantes, mais totalement déconnectées de leurs auteurs.  Si les extraits viennent du Web, il est généralement assez facile de retrouver leur origine, simplement en tapant les premiers mots de la citation dans un moteur de recherche, pour peu qu’on les ait recopiés fidèlement. Sinon, même dans ce cas, la recherche risque d’être très fastidieuse. Mais, si les éléments à référencer viennent d’ouvrages imprimés, dont le contenu n’est pas disponible en ligne, alors, retracer leur source devient impossible, surtout si l’on se retrouve à quelques jours des délais pour rendre sa rédaction. De plus, si le temps a été mal géré, il y a de fortes chances que les lectures soient menées à la va-vite, sans aucune rigueur dans la prise de notes. Cela peut débouche très rapidement, non pas forcément sur la tentation du plagiat, mais simplement sur une accumulation de négligences au point qu’il existe un fort risque pour l’étudiant de se retrouver avec plein de bouts de texte dont il ne sait plus s’ils sont de lui ou d’autres personnes,  s’il s’agit de paraphrases ou de reprises littérales, ni même d’où elles sont tirées. Dans ce genre de cas, la meilleure solution est de laisser de côté ces morceaux de texte dont on ne sait plus de qui ils sont. Malheureusement, comme ils constituent souvent une part importante du travail, la tentation est alors grande de les garder quand même, sans les mettre en exergue ni indiquer qu’ils ne sont pas de soi, et de croiser les doigts pour que le professeur n’y voie que du feu.

Eléments de base pour la prise de notes de lecture

CheckPour éviter une telle situation, il faut alors s’obliger à prendre des notes rigoureuses qui incluent au minimum les éléments suivants:

  • Nom(s) de(s) l’auteur(s)
  • Titre de l’ouvrage
  • Titre de l’article s’il est tiré d’une revue ou d’un livre collectif
  • L’édition de l’ouvrage s’il y en a plusieurs
  • L’éditeur et le lieu de publication/adresse du site web
  • La date de parution.

Les formats de référencement varient d’une discipline à l’autre, d’une université à l’autre, voir d’une revue à une autre. Mais, en général, tous contiennent ce type d’information de base.

Si l’on décide de reprendre mot à mot une portion de texte, il faut alors indiquer d’une manière ou d’une autre s’il s’agit d’une citation directe ou d’une paraphrase dans le document contenant cette note de lecture.

Idéalement, donc, une note de lecture devrait contenir les informations suivantes, en plus des éléments de références listés ci-dessus, qu’il s’agisse d’une citation mot-à-mot ou d’une paraphrase:

  • Le numéro de page, voir le titre du chapitre, s’il s’agit d’un livre (permet de préciser d’emblée le contexte) d’où est tirée l’idée;
  • Un résumé rapide de la pensée de l’auteur concernant le passage en question: qu’est-ce qu’il a voulu dire? Quelle est la signification de ce passage par rapport au reste de l’ouvrage ou de l’article?
  • Rattachement à une école de pensées, à un courant théorique;
  • Pourquoi vaut-il la peine de s’intéresser particulièrement à ce passage?
  • Mise en exergue s’il s’agit d’une citation mot-à-mot ou spécification s’il s’agit d’une paraphrase (pour distinguer la paraphrase du reste de la note).

Cette approche est valable aussi bien pour les lectures préliminaires que pour celles qui sont réalisées dans le cadre de l’exploration de la problématique.  D’ailleurs, elle facilite aussi la production de fiches de lecture, un outil extrêmement utile pour les étudiants et les chercheurs, puisqu’elles permettent de garder une sorte d’archives des lectures faites pendant des années, auxquelles ont peut toujours revenir plus tard pour d’autres projets.

378px-Avertissement_rouge.svgDe manière générale, il y a deux modalités de prise de notes à éviter absolument:

  • Les notes dans les marges de texte, que ce soit de livres, ou d’articles de revue. D’une part, s’il s’agit d’exemplaires pris à la bibliothèque, la rédaction dans les marges constituent une forme de vandalisme, surtout si elle s’accompagne de surlignement au marqueur ou de soulignement au stylo bille. Le pire, c’est quand plusieurs personnes agissent ainsi avec les mêmes ouvrages. Le texte original devient alors complètement illisible. C’est donc un manque total de respect pour les autres usagers! Il n’y a rien de plus frustrant que de devoir péniblement déchiffrer un texte entre les gribouillis des lecteurs indélicats précédents!  D’autre part, les marges n’offrent généralement pas suffisamment d’espace pour prendre des notes de lecture dignes de ce nom. Bien sûr, il est toujours possible d’utiliser les codes dactylographiques, mais on risque alors de ne pas arriver à se relire quelques semaines ou mois plus tard. Et de fait, on peut carrément ne de plus savoir pourquoi le passage en question semblait intéressant. Bref, c’est du gaspillage total, alors même que l’on a peut-être l’impression d’aller plus vite et de gagner du temps sur le moment.  Enfin, la prise de note dans les marges de textes photocopiés n’est pas plus recommandable, dans la mesure où l’on se retrouve alors avec des feuilles volantes que l’on risque d’égarer.
  • Les notes sur des bouts de papier que l’on insère entre les pages concernées. D’une part, on risque aussi de les perdre, surtout si on rend le livre à la bibliothèque en les oubliant dedans. D’autre part, même si on les retire, alors il risque de manquer les références à l’ouvrage et l’on se retrouve quelques semaines ou mois plus tard avec un joli puzzle de bouts de papier dont on ne sait plus du tout à quoi ils se rattachent. Du coup, c’est de nouveau du travail fait pour rien.

Référencement et prises de note

L’organisation de la bibliographie commence dès les premières explorations sur les catalogues électroniques ou sur le Web. Pour ma part, je dois avouer que je préfère largement le recours à des moyens électroniques pour cataloguer, classer et conserver mes références, voire même les ouvrages consultés, s’ils sont disponibles sous forme numérique. Durant les premières années de mes études (c’est-à-dire, jusqu’en 2007), je me faisais encore souvent des répertoires sous forme matérielle, c’est-à-dire dans des classeurs, avec séparateurs et indications claires des catégories thématiques. Aujourd’hui, je prends mes notes directement dans des documents informatiques et je classes toutes mes références dans des logiciels de bibliographie spécifiques (et gratuits). Si les premières étapes d’utilisation de ces outils peuvent sembler un peu laborieux, au moment de la rédaction, cette approche permet de gagner un temps précieux, tout en conservant rigoureusement les traces de toutes les lectures accomplies.

Il s’agit donc de bien choisir ses outils de travail avant même de commencer la recherche. Cela ne signifie pas qu’il faille devenir gadgeto-maniaque, mais il vaut la peine de consacrer quelques heures ou même quelques jours à réfléchir aux logiciels que l’on pourrait utiliser que ce soit pour une recherche spécifique, ou même, de manière générale, pour tout un semestre ou l’ensemble de son cursus universitaire.

Référencement

Le premier outil à sélectionner est celui qui vous permettra de recueillir et classer les références des sources consultées.  Cela signifie généralement se constituer une banque de données. Oui, je vois d’ici votre panique si vous ne savez pas programmer! Bonne nouvelle: c’est le cas de la plupart des universitaires qui n’ont pas étudié l’informatique! C’est pour cela qu’il existe des logiciels de bibliographie qui se présentent sous forme de banques de données déjà préparées qui vous proposent de créer des « fiches » pour chacune de vos sources, grâce à des formulaires. Il ne vous reste plus qu’à remplir les champs avec les informations de référencement et le tour est joué. Mieux encore, il en existe qui vous permettent de capturer ces informations directement sur les catalogues électroniques. Vous n’avez alors plus qu’à contrôler qu’aucune erreur ne s’est glissée dans les fiches de référencement (comme des fautes d’orthographes, certains de ses logiciels anglo-saxons ayant du mal avec les accents français ou dans d’autres langues, par exemple).

Endnote est le logiciel le plus complet et utilisé par les professionnels (chercheurs ou autres). Problème: il coûte aussi très cher, plusieurs milliers de francs. Certes, nombre d’universités mettent à disposition soit des postes de travail équipés de ce logiciel, soit des licences étudiantes s’élevant à une centaine d’Euros seulement. Dans le premier cas, il y a un problème évident de logistique (il faut avoir accès à l’appareil équipé quand on en a besoin et ce n’est pas toujours évident), et dans le second, le prix, même fortement réduit, peut quand même s’avérer onéreux. Le principal avantage de Endnote sur les autres solutions, que je vais aborder dans les paragraphes suivants, est qu’il est directement branché sur les catalogues des maisons d’éditions de revues et d’ouvrages académiques les plus importantes.  Dans certains cas, il est aussi connecté aux banques de données de votre bibliothèque universitaire (c’est le cas de celles de Genève). Cela dit, les autres logiciels, gratuits, sont presque aussi performants.

Parmi  ceux-ci, il y en a deux que j’ai expérimentés avec succès et qui me semblent particulièrement adaptés aux travaux d’étudiants. Le premier, Zotero, est vraiment pratique, puisqu’il permet de « capturer » les références directement depuis divers types de sites Web, notamment les catalogues de bibliothèques ou de revues académiques, grâce à un simple clique de souris sur une icône apparaissant dans la barre d’adresse du site web (fig.1). Il sauve alors ces références dans une banque de données locales qui se synchronise avec votre compte (gratuit) sur les serveurs de Zotero. Ainsi, vous pouvez y accéder depuis n’importe quel ordinateur et transférer facilement vos données bibliographiques sur une autre machine en cas de changement.

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Fig.1: Démonstration du fonctionnement de Zotero depuis la fiche de l’ouvrage « L’explosion de la communication » sur le catalogue RERO (Réseau romand). Capture d’écran effectuée : 01.05.2013 10:15

Cependant, il ne fonctionne qu’avec le navigateur (browser) Firefox et il est incompatible avec Microsoft Internet Explorer. Si vous utilisez Safari d’Apple ou Chrome de Google, il existe des méthodes pour contourner ce problème, mais elles requièrent de bricoler un peu et si vous n’êtes pas confortable avec cela, je recommande alors soit de vous mettre à Firefox, tout aussi aisé à maîtriser que les autres navigateurs (et utilisable en même temps que les autres, ce que je fais régulièrement d’ailleurs), ou de n’utiliser que le programme que je vais aborder ci-dessous.

Mendeley est un autre logiciel gratuit de référencement bibliographique, proposant aussi de synchroniser des données stockées sur votre machine avec votre compte en ligne (gratuit), ce qui vous permet d’y accéder depuis n’importe où. De plus, si vous disposez d’une version électronique du texte référencé, notamment une version pdf d’un article de revue académique, il vous les classera automatiquement dans des dossiers ordonnés selon vos instructions. S’il est possible de capturer les références depuis des sites web grâce à une petite application Mendeley installable sur votre navigateur, celle-ci ne fonctionne pas sur nombres de sites. De manière générale, vous devez y aller manuellement (Fig.2). Par contre, Mendeley possède une fonction qui lui permet de chercher sur le Web, à partir du titre ou de l’auteur ou encore du numéro ISBN, les autres données correspondantes et de vous les télécharger directement dans la fiche de référencement.  Le gros avantage de Mendeley, si vous disposez d’une version pdf du texte, est que vous pouvez alors les annoter en les ouvrant directement dans son interface! Le logiciel sauve alors une nouvelle copie du pdf avec les notes dans le même dossier que le pdf original! Si vous n’avez pas de problème à lire de longs textes sur un écran, c’est un outil très pratique. En revanche, aucune possibilité de formater ces notes, donc, attention quand vous faites du copié-collé, de bien le signaler pour éviter de vous emmêler les pinceaux par la suite!

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Fig.2: Capture d’écran de l’interface Mendeley effectuée 01.05.2013 10:17

Citer les sources directement depuis la banque de données

Bien sûr, si ces outils vous paraissent vraiment trop fastidieux à utiliser, vous pouvez décider qu’il vous suffit de lister vos ouvrages dans un simple document Word, en faisant attention de ne pas vous tromper. Mais, ces logiciels proposent une autre fonction particulièrement pratique au moment de la rédaction: l’application « cite as you type » ou « citez pendant que vous tapez votre texte« . En d’autres termes, lorsque vous devez vous référez à un ouvrage de votre bibliographie au moment où vous rédigez votre travail, au lieu de devoir laborieusement reporter à chaque fois les références entre parenthèses ou en notes de bas de pages, puis de vous demandez si vous l’avez déjà cité une première fois et s’il vous est possible d’utiliser l’indication « ibid. » ou « idem » ou « op. cit. », vous pouvez demander à ces logiciels de le faire pour vous. Vous n’avez qu’à sélectionner l’ouvrage dans la banque de donnée, indiquer les pages concernées et lui demander de présenter la citation selon le bon format. En parcourant le document, il saura aussi si vous avez déjà évoqué l’ouvrage. Puis, lorsque vient le moment de constituer la rubrique bibliographique, il vous suffit alors de demander à l’application de la générer pour vous, à partir des citations. Cela permet de gagner beaucoup de temps et d’éviter au maximum les oublis. Il y a naturellement des petits défauts et désavantages à ces logiciels, mais, à mon sens, ils sont largement compensés par leurs qualités et avantages.

Prise de notes électroniques

Pour la prise de note en elle-même, on peut se contenter d’utiliser un cahier ou des feuilles A4, mais c’est plus risqués, parce que, de nouveau, ce sont des feuilles volantes. C’est pourtant ainsi que j’ai pris mes notes de lecture jusqu’en 2007. Si vous utilisez des cahiers, essayez d’en prendre qui viennent avec des séparateurs inclus, afin que vous puissiez classer vos notes. Le mieux est encore d’utiliser un cahier dont les feuillets peuvent se détacher et dans lequel on peut donc en ajouter d’autres. Si vous utilisez des feuilles A4 (si possible quadrillées avec une ligne de marge), rangez-les dans des classeurs avec des séparateurs. La classification varie en fonction du type de travail. En ce qui me concerne, je classe mes notes soit en fonction de l’étape du travail concerné (cadre générique – sujet, approche théorique – concepts, approches méthodologiques), soit en fonction des thèmes abordés. En général, j’ai essayé de combiner les deux, en ajoutant des étiquettes auto-collantes sur mes feuilles. Cependant, suivant le nombre de lectures que l’on fait, on peut assez vite se retrouver encombrer de paperasse. Or, la paperasse, ça peut aussi s’abîmer facilement. Croyez-le ou pas, mais quand on travaille sur une thèse, on commence à avoir de drôles d’idées, du genre: « Et si ma bibliothèque/bureau brûlait? » Rien que pour cette raison, je trouve que la prise de note directement sur un ordinateur, si possible portable, et leur sauvegarde sur des disques durs externes (solides ou sur le « nuage ») constituent un énorme avantage.

Un bête traitement de texte comme Microsoft Word ou Writer d’OpenOffice fait parfaitement l’affaire. Il suffit de créer un document pour chaque ouvrage ou article lu. Pour les reconnaître facilement, on peut attribuer un nom de fichier correspondant au titre de l’ouvrage, voire même un code (mais il faut se faire alors une liste des codes pour chaque ouvrage). C’est ainsi que j’ai commencé à prendre mes notes sous forme informatique.  Comme le montre l’illustration (fig. 3), les avantages de la prise de notes directement sur un ordinateur sont assez évidentes. Il est possible de mettre immédiatement en exergue les passages copiés-collés que l’on décide de reprendre tel quel en citation directe. On peut « surligner » de diverses couleurs les éléments qui nous semblent importants pour différentes raisons. On peut prendre autant de notes que l’on veut sans trop se fatiguer les mains, ni noircir des kilomètres de papier (sauf si on décide ensuite de les imprimer).  On peut alors facilement distinguer entre les citations mot-à-mot, les paraphrases, les résumés, la contextualisation, etc. Et naturellement, on peut reporter les éléments de références de l’ouvrage sans problèmes. Surtout, surtout, on peut les sauver sur plusieurs disques dures, voir sur le « nuage » (« cloud computing« ), c’est-à-dire des serveurs sécurisés comme DropBox ou Skydrive. Et il faut faire de multiples sauvegardes! C’est juste essentiel!

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Fig.3: Prise de notes sur un document Word, avec l’ensemble des références bibliographiques nécessaires. D’abord un résumé de la partie concernée et interprétation de la pensée de l’auteur. En rose dans le semi-encadré, le commentaire sur l’intérêt de ce passage pour mon propre travail de recherche. Les parties surlignées sont les plus importantes. Capture d’écran effectuée: 21.04.2013 17:14

Néanmoins, dans la mesure du possible, je recommanderais plutôt l’usage d’un programme comme Microsoft OneNote, généralement inclus dans le paquet Microsoft Office pour étudiants, ou comme Evernote, un logiciel proche de OneNote, mais gratuit et en ligne. La différence entre un traitement de texte et un logiciel comme OneNote ou Evernote réside, comme leur nom l’indique, dans l’accent mis sur la prise de notes, plutôt que sur la mise en page. En effet, les fonctions éditoriales y sont très limitées. On ne pourra pas faire de jolies présentations comme sur un traitement de texte. Mais, honnêtement, ce n’est pas vraiment la principale préoccupation au moment de la prise de notes. Par contre, ils facilitent beaucoup l’agrégation de ressources, sous forme de textes, d’images, voir de vidéos ou de fichiers audio, dans un même espace, affichant d’office les références lorsqu’elles sont électroniques. Ainsi, par exemple, si on copie-colle un morceau de texte en provenance d’un site Web, l’adresse correspondante sera également indiquée automatiquement.

On peut facilement faire et sauver des captures d’écrans quand c’est nécessaire. Et comme le montre celle de mon propre dossier de thèse OneNote (fig.4), il est possible de regrouper toutes ses notes de lecture dans le même espace. Non seulement cela, mais si, par hasard (et ça arrive souvent), un auteur que l’on est en train de lire fait référence à un ouvrage qu’on a déjà lu et dont on a pris des notes dans ce même programme, on peut alors facilement faire des liens entre les notes de lecture. Dans ce cas-ci, ma bibliographie de thèse apparaît clairement sous la forme d’une liste de fiches séparées par rubriques thématiques.

Ces logiciels sauvent en permanence les contenus et il est possible de leur demander de conserver un grand nombre de sauvegardes. Cela signifie que si par malheur son ordinateur s’arrête et qu’on n’a pas pensé à sauver ses documents, on ne perd que quelques minutes de travail, et non pas de heures, voir une journée entière. D’autres avantages concernent la possibilité d’avoir des marges dans son document et d’écrire de part et d’autre de cette marge, comme on le ferait sur une feuille de papier.  Dans mon cas, comme illustré ici (fig.4), cela me permet de résumer en quelques mots le propos d’une note et d’indiquer le numéro de page de référence. Grâce à des petites icônes, je peux même signaler de manière simple l’utilisation à laquelle je destine ma note de lecture (note théorique, note méthodologique, définition de concept, ouvrages cités à creuser, etc.). Enfin, chaque nouvelle feuille est automatiquement datée, avec l’heure de sa création, ce qui permet de garder une trace chronologique de son travail. Bien sûr, il est possible de changer cette donnée manuellement (mais pas la date des fichiers). Grâce à cette méthode, il est possible d’évaluer de manière rétrospective le parcours de l’ensemble de ses recherches.

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Fig.4: Prises de notes à l’aide de OneNote. Dans la marge, se trouve un résumé du propos de la note. Dans celle-ci, on constate la mise en italique des extraits copiés-collés. Plus bas (pas visible ici), se trouve un commentaire sur ce passage dans une autre police de caractère, ce qui permet de la distinguer du résumé ci-dessus. Des petites icônes permettent d’indiquer l’importance de cet extrait pour mon travail (le point d’exclamation) et l’injonction à le garder en tête pour la suite (épingle bleue). Capture d’écran effectuée : 21.04.2013 17:12

En conclusion:

Ordinateur_autofonctionnelCette approche permet de sauvegarder d’une manière logique et ordonnée ses références, quel qu’en soit le type (livre, article, film, émission de radio ou de télévision, concert, pièce de théâtre, BD, etc.) et le support (papier, disque vinyl, cassette audio, CD, DVD, fichiers électroniques, etc.) et de se constituer une collection de fiches de lecture. Celles-ci permettent d’éviter de confondre ce qui vient de soi et ce qui a été inspiré par d’autres. Par ailleurs, si on arrive à prendre des notes de lecture complètes et bien structurées, on dispose alors d’une vision d’ensemble des auteurs consultés et d’une sorte de journal de bord, permettant de retracer sa propre démarche. C’est tout particulièrement utile si on est engagé dans un gros travail de recherche de plusieurs mois, voir de plusieurs années (thèse), afin que que l’on puisse constater ponctuellement le chemin parcouru et évaluer la pertinence de sa réflexion.

Mais, il constitue aussi une preuve de votre travail de réflexion au cas où VOUS deviez être victime de plagiat. En effet, il deviendrait alors essentiel que VOUS puissiez prouver, par des documents datés, que les correspondances entre vos travaux et ceux de celui ou celle dont vous avez l’impression qu’il ou elle vous a pillé(e) ne sont pas simplement dues au hasard (à l’esprit du temps dirait Edgar Morin), soit à une sorte de convergence intellectuelle totalement fortuite et liée à une tendance généralisée dans une discipline, mais bien à une volonté de vous voler vos idées! Et ne croyez pas que cela soit impossible parce que vous n’êtes qu’un « petit » étudiant « insignifiant » en Bachelor ou en Master! Il est vrai que jusqu’à récemment, on considérait même comme normal qu’un professeur se servent purement et simplement dans les papiers de séminaires de ses étudiants sans les mentionner, ni même les remercier! Bien que ce ne soit plus le cas, grâce notamment aux protestations groupées et larges d’assistants, dont les travaux étaient régulièrement pillés par leurs directeurs de thèse ou de laboratoire, et à une prise de conscience récente du dégât que causent les plagiats dans la recherche universitaire, les mentalités sont beaucoup plus lentes à évoluer.  Et il arrive donc encore régulièrement que des professeurs se donnent le droit de piocher allégrement dans les travaux de leurs étudiants pour agrémenter leurs propres publications! Le blog de Jean-Daniel Darde « Archéologie du copié-collé » en recense un certain nombre de cas. C’est pour cela qu’il est absolument essentiel d’avoir bien répertorié ses propres efforts de recherches, notamment les notes de lecture, afin de pouvoir se défendre de manière convaincante face à un professeur ou chercheur déjà bien établi, qui n’hésitera pas à essayer de déstabiliser son accusateur.

De fait, prendre de bonnes notes de lecture est absolument essentiel, non seulement par rapport au reste de la communauté scientifique, voire de la société entière, mais aussi pour soi. Il ne s’agit donc pas d’une démarche fastidieuse et ne servant qu’à préserver des apparences de scientificité. Elle est même au cœur de la démarche scientifique, que ce soit en sciences « dures » ou en sciences sociales et humaines.

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