Plagiaire un jour, plagiaire toujours?

Telle semble être la conclusion d’une étude menée auprès de 32’000 étudiants français par Pascal Guibert et Christophe Michaut, intitulée: « Le plagiat étudiant », Éducation et sociétés, n° 28, 2011/2,  et résumée dans le numéro de mai 2012 du magazine Sciences Humaines. D’après les auteurs, deux grands axes semblent caractériser la propension au plagiat:

  1. le fait d’étudier ou de faire de la recherche en sciences, dont les formulations standards et les modes d’expressions faciliteraient le plagiat et le rendraient moins facilement détectable;
  2. une habitude de la fraude et de la tricherie acquise plus tôt au cours de la scolarité, voir même tout simplement dans sa vie de tous les jours. Les plagiaires téléchargeraient plus souvent illégalement des contenus protégés par des droits d’auteur.

Ainsi, les étudiants en sciences sociales et humaines de même que ceux ayant intégré une certaine honnêteté, seraient beaucoup moins touchés par le phénomène. N’ayant pas eu accès à l’étude-même (payante sur le site de CAIRN), il ne m’est pas possible de m’exprimer sur les prémisses théoriques ni même sur la méthodologie utilisée, mais ces conclusions m’interpellent quand même, car elles contredisent assez directement plusieurs résultats d’une autre étude, à la fois qualitative et quantitative, menée auprès  des étudiants et du personnel enseignant de l’Université de Genève, par une équipe dirigée par le Professeur Michelle Bergadaà. En effet, comme indiqué dans le 3ème chapitre, concernant les comportements et les compétences des étudiants, c’est bien près de 70% des étudiants interrogés qui reconnaissent avoir plagié régulièrement, soit de manière légère (moins de 10% de copié-collé) soit de manière plus assidue (plus de 20% de copié-collé). Cependant, si cette étude reconnaît un lien entre l’attitude de certains étudiants habitués du plagiat et leur sens moral, elle ne postule pas non plus une malhonnêteté inhérente au plagiaire. Au contraire, il semblerait plutôt que nombre d’entre eux se permettent ce genre d’action parce qu’ils ont l’impression que la majorité des gens ayant réussi y sont arrivés en trichant. Ils estiment donc qu’ils ne font que reprendre une formule, certes pas très morale, mais qui leur semble la plus efficace. Ils ont ainsi l’impression que s’ils ne jouent pas le jeu, ils se feront simplement doubler par les autres. De fait, une attitude morale peut même leur apparaître contre-productive et  inutile. Mais, pour pouvoir véritablement opposer les deux études, il faudrait d’abord pouvoir comparer les définitions données du plagiat par chacune d’entre elles, et la manière dont les données ont été recueillies et analysées.

Cependant, de manière générale, le fait que ce genre d’études soient menées et leurs résultats relayées dans la presse spécialisée, ou même parfois généraliste, illustre aussi la prise de conscience progressive de cette problématique ainsi qu’une volonté de l’aborder de manière nuancée mais ferme. D’un point de vue plus concret, cela signifie aussi que plagier reviendra de plus en plus à tenter le diable, voir à le tirer par la queue.

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