Renaissance de l’atelier privée de rédaction

student_1 Presque quatre ans après mon dernier mandat, j’ai décidé de démarrer à nouveau mon atelier privé de rédaction.

A l’époque, je naviguais entre les études de doctorat et un travail à plein temps, qui m’avaient fait abandonner ce service. Je l’avais lancé au début de mon Master en science de l’information, de la communication et des médias à l’Université de Genève, afin d’avoir une activité rémunérée, mais adaptable à mes horaires de cours et de mon propre travail pour ceux-ci. Il faut dire que j’avais remarqué, dans le cas de certains camarades non-francophones ou ayant évolué dans des systèmes scolaires totalement différents du nôtre, qu’il n’existait aucune aide institutionnalisée pour les accompagner dans cette transition. Ayant moi-même étudié à l’étranger et bénéficié d’un soutien de la part d’un « mentor » pour apprendre les normes et conventions de rédaction de travaux de recherche en cours dans le pays (USA) où je me trouvais, je peux témoigner de la difficulté à passer d’un système à un autre.

Cependant, je n’étais pas la seule à profiter de ce service. Nombre de mes camarades américains avaient aussi besoin d’être guidés dans leurs premiers pas dans la rédaction académique. Or, comme j’ai aussi pu m’en rendre compte en revenant en Suisse, nombre d’étudiants de ce pays connaissent le même genre de difficultés lorsqu’ils débarquent dans les universités. Mais, apparemment, on semble encore considérer que l’art de la recherche et de la rédaction des réflexions qui en découlent s’apprend plus ou moins sur le tas. Parce qu’il faut être honnête. Les papiers de recherche n’ont rien à voir avec l’exercice de dissertation, appris à l’école secondaire et dans le post-obligatoire (et encore, de moins en moins d’après ce que j’ai pu comprendre auprès d’adolescents). Certes, des séminaires existent qui permettent d’introduire les étudiants aux principes de base du processus de construction d’un travail académique, mais mes premières expériences d’atelier de rédaction montrent que les professeurs et leurs assistants n’ont souvent pas le temps d’aider les étudiants à intégrer ce savoir-faire. Lorsque ceux-ci se retrouvent un peu perdus, ils n’ont alors pas la possibilité de demander de l’aide aux enseignants. Un certain nombre s’en tire en consultant des camarades, mais, ça ne suffit pas toujours, parce que ces derniers sont aussi accaparés par leur propre emploi du temps.

C’est là qu’intervient le service que je propose. Il sert avant tout à combler une lacune de l’université, qui a tendance à laisser ses étudiants, surtout les non-francophones, à se débrouiller tous seuls. Certes, la vie estudiantine constitue effectivement une période de la vie où les jeunes adultes apprennent à se prendre en charge et à développer leur autonomie face aux difficultés. Mais, cela ne signifie pas non plus que les gens doivent être laissés à eux-mêmes au risque de se retrouver en échec. Je n’ai pas honte de reconnaître que je dois une partie de ma réussite universitaire à mon conseiller du « Writing Workshop » de l’université américaine que j’ai fréquentée. Non seulement cela, mais cette collaboration m’a aussi permis de comprendre de manière claire les différences, parfois significatives, entre la manière américaine (ou anglo-saxonne) d’aborder une question de recherche et les approches en cours dans l’espace académique francophone (dont la Suisse romande au moins fait partie). Cette expérience a donc été fructueuse largement au-delà du simple apprentissage des normes d’écriture américaines. Je reconnais donc volontiers que je ne tire pas uniquement un profit financier de ce service, mais aussi académique, et même social (je suis toujours en contact avec certaines des personnes que j’ai aidées par le passé). Il me permet d’avoir un aperçu du type de sujets et de questionnements qui sont traités dans l’enseignement et par les étudiants, dont certains pourraient, dans le futur, s’orienter vers une carrière de chercheurs professionnels. Les étudiants arrivent ainsi non seulement à réaliser le travail qui leur posait des difficultés, mais aussi à prendre un certain recul sur leur propres lacunes et à exploiter leurs compétences parfois sous-utilisées.

Bref, cet atelier de rédaction représente plus qu’une simple prestation contre paiement. Il permet un réel enrichissement mutuel aussi bien pour moi que pour les étudiants qui y ont recours, et j’espère donc qu’il connaîtra une belle renaissance!

Dans la mesure du temps qui me reste (parce que je suis aussi en train de finir de rédiger ma thèse et c’est un gros boulot), j’essaierai d’alimenter ce blog sur des sujets allant de recommandations d’outils de recherche, de littérature portant sur l’art de la rédaction de papiers académiques ou des considérations émergents de mes expériences avec les personnes s’adressant à moi (mais que je ne nommerai jamais, sauf si elles m’en donnent l’autorisation). J’ai commencé à proposer quelques liens dans la marge de ce blog, et je les enrichirai au fur et à mesure. Si vous avez des suggestions à me soumettre, n’hésitez pas à me contacter ou à réagir à mes billets de blog. Je me réjouis de vous lire!

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